Détenteurs d'or et d'argent : Préoccupez-vous du risque, non du prix

Publié par Egon Von Greyerz | 4 juin 2018 | Articles 3175

51 millions de ménages américains n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Cela signifie que 43 % des ménages américains n'ont pas les moyens d'avoir une vie de classe moyenne. 16 millions de ces ménages vivent dans la pauvreté, et 35 millions sont des "ALICE" (Asset Limited, Income Constrained, Employed), des gens ayant peu d’actifs et peu de revenus, même s’ils ont un emploi.

Il est absolument remarquable que dans le plus grand et le plus "riche" pays du monde, près de 50% des ménages ont du mal à s'offrir une vie de classe moyenne et que 50 millions de personnes vivent dans la pauvreté. Et ce, après des décennies de prospérité et de croissance économique. Cela prouve que le citoyen moyen américain ne connaît pas la prospérité. Tous les chiffres officiels sur l’emploi, la production, la croissance, le PIB etc., sont bidons. Les données sont faussées et dépeignent une image déformée de la réalité. Le chiffre officiel du chômage est de 4%, mais le chiffre réel est de 22%. 95 millions d’Américains aptes au travail ne font pas partie de la population active.

L'économie américaine se compose d'une petite minorité qui a bénéficié grandement de l’expansion de crédit et de l’impression monétaire. Mais la grande majorité des gens, à faibles revenus et énormément endettés, ont du mal à payer les intérêts sur des dettes qu'ils ne pourront jamais rembourser. Le salaire horaire médian n’a pas augmenté aux États-Unis depuis 50 ans ! Aujourd’hui, 66% des Américains gagnent moins de 20 $ l’heure.

Alice au pays des horreurs

Trump était évidemment au courant de la situation de l'Américain moyen pendant la campagne électorale. C'est en draguant ce groupe qu'il a gagné l’élection. Mais, malheureusement, faire des promesses est bien plus facile que de résoudre un insurmontable problème de dette. Les économies américaine et mondiale seront bientôt écrasées par l'énorme dette mondiale, comme je l’ai souligné dans mon article de la semaine dernière. Étant donné que le tiers des Américains ont moins de 5 000 $ d’économies, ils n'ont rien sur quoi se reposer lorsqu'ils perdent leur emploi ou traversent une période difficile. À un moment donné, le gouvernement fera défaut et il n’y aura plus de filet de sécurité sociale. Bien sûr, ils imprimeront des quantités illimitées de monnaie, qui seront totalement sans valeur et n'auront donc aucun effet, sauf celui de provoquer une hyperinflation.

La dette des entreprises laisse présager une crise imminente

Il n’y a pas que la dette des ménages aux États-Unis qui soit préoccupante. La dette des entreprises atteint un niveau extrême, une position similaire à celle d’avant les crises économiques et effondrements boursiers de 1990, 2000 et 2008. Comme le montre le graphique ci-dessous, le ratio dette d’entreprise/PIB indique qu'un déclin économique et boursier est imminent. Le fait que la dette nationale américaine ait doublé depuis 2009 ne va certainement pas faciliter la situation.

 

 

Un monde pauvre

Mais ces problèmes ne se limitent pas aux États-Unis. Près de 50% de la population mondiale, soit plus de 3 milliards d’individus, vivent avec moins de 2,50 $ par jour – et 17% vivent dans l'extrême pauvreté avec moins de 1,25 $ par jour. La Banque mondiale a défini le "seuil international de pauvreté" à 1,90 $ par jour, et environ 2,5 milliards de personnes sont en dessous de ce seuil.

La population mondiale décimée ?

Après plus de cent ans de croissance majeure du PIB, d'innovations technologiques, d'industrialisme, de production alimentaire, de soins de santé, etc., il y a encore 2,5 milliards de personnes en dessous du seuil de pauvreté. Une raison majeure est que la population mondiale a explosé au cours des 175 dernières années. Dans les années 1850, la population mondiale était d'un milliard, et aujourd’hui, nous sommes 7,5 milliards d’individus. Mais ce chiffre pourrait considérablement diminuer en raison de la pauvreté, de la maladie, de la guerre ou d'une combinaison de ces trois facteurs. Un déclin majeur de la population mondiale est probable dans les prochaines décennies, comme cela s'est déjà produit dans l'histoire.

 

 

Malgré un siècle de croissance remarquable, d’expansion du crédit et d’impression monétaire, le monde est confronté à un problème économique et de pauvreté majeur. Malheureusement, cela se terminera mal, lorsque la dette mondiale et les bulles d'actifs éclateront. Nous assisterons à une contagion de défauts de paiement et de misère économique. Les banques centrales se lanceront dans l'impression monétaire illimitée, dans une tentative futile de sauver le monde. Mais cela échouera. La monnaie imprimée n’a aucune valeur et, donc, n’aura aucun effet. Vous ne pouvez pas régler un problème d'endettement en émettant plus de dettes.

Débâcle dans l'UE

Le désordre en Europe s’aggrave. Les États-Unis ont rompu l'accord sur le nucléaire iranien et mettent beaucoup de pression sur Angela Merkel et le reste de l’Europe pour qu'ils fassent de même. Mais les pays européens ne sont pas enclins à coopérer. Les États-Unis menacent de sanctionner tout pays qui commerce avec l’Iran, et aussi avec la Russie, mais l’Europe ne cède pas aux intimidations. 

Les bureaucrates non élus et non responsables à Bruxelles subissent une pression de plus en plus forte. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher le Brexit. Theresa May est en position de faiblesse puisque son parti n'a pas la majorité au Parlement. Le problème est qu'elle n'arrive même pas à se mettre d'accord avec son propre Cabinet. Cela l'affaiblit tellement qu’elle ne réussira probablement pas à obtenir le Brexit, pour lequel une majorité du peuple britannique a voté. La mafia de Bruxelles entend bien profiter de cette situation, et elle réussit, pour le moment, à empêcher le Royaume-Uni de faire quoi que ce soit. L’Union européenne est devenue une tentative ratée de construire un super-État européen dirigé par l'élite bruxelloise.

Un accord de libre-échange était une excellente idée, mais l’union politique souhaitée par Bruxelles est une catastrophe annoncée. Une monnaie commune ne peut jamais fonctionner dans une région si disparate, aux différences de culture, de taux de salaire, de taux de croissance, d’inflation et de mobilité des travailleurs si prononcées. Le rêve de l'élite d'une politique fiscale et économique commune ne sera jamais accepté par la plupart des États membres.

Personnellement, je suis contre l’UE en tant qu’union politique, vu que je ne crois pas en une élite non élue et non responsable qui décide pour 500 millions d’individus ayant peu de points en commun. Je suis plutôt du genre Small is Beautiful. Plus un pays est petit, plus les politiciens deviennent responsables. Encore plus lorsque le pouvoir est décentralisé vers les régions et qu’il existe une démocratie directe, comme en Suisse. Même si la Suisse a ses propres problèmes, son système politique est supérieur à celui des autres pays. C’est pourquoi l’économie suisse et la devise suisse ont constamment été les plus fortes du monde.

Mais malheureusement, le système bancaire et la Banque nationale suisse sont aussi mal gérés que la plupart des banques de la planète. De plus, le système financier suisse est vulnérable, et bien trop gros pour le pays. Par conséquent, je ne conserverais aucun actif important dans une banque suisse, ni dans aucune autre banque d'ailleurs.

Un autre pays dit arrivederci à l’Union européenne

L’élite de Bruxelles, ainsi que Macron et Merkel, est sous pression pour que l’Union européenne reste unie. De nombreux pays d'Europe de l'Est comme la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, sont de plus en plus mécontents des politiques de l’UE et, en particulier, du problème de l’immigration. 

Les économies fragiles de la Méditerranée devraient quitter l’UE et l’euro, ré-établir leurs propres devises, et ne pas honorer la dette envers la BCE. C’est la seule solution pour repartir sur des bases solides. L'élite bruxelloise a utilisé toutes les méthodes pour garder les pays méditerranéens dans l’Union européenne, en leur accordant des prêts qui ne pourront jamais être remboursés. La Grèce aurait dû quitter l’UE il y a plusieurs années, et l’Italie devrait le faire. Le gouvernement de coalition italien va rendre la vie difficile à Bruxelles. 

L’alliance entre le Mouvement 5 étoiles (anti-système) et la Ligue (extrême-droite) a remporté 50% des votes à l’élection. Ils sont opposés à l'UE, à l'euro et à l'immigration. Ils veulent que la BCE efface 250 milliards € de dette. L’Italie a 2,4 milliards € de dette publique et 450 milliards € de dette Target2 à la BCE. 

Le gouvernement italien a également promis de réduire les impôts et d’instaurer un salaire minimum. Le ratio dette/PIB de l’Italie est déjà à 130%, et il est peu probable qu'il diminue avec ces mesures, même si faire défaut sur la dette aiderait certainement. 

Le journal élitiste The Financial Times a dénoncé le nouveau pouvoir qui s'installe en Italie en le qualifiant de "nouveaux barbares". Salvini, le leader de la Ligue, a rétorqué : "Je préfère être un barbare qu'un serf qui vend la dignité, l’avenir, les sociétés et les frontières de l’Italie". 

Il semble clair que nous assistons au début de la fin de l’Union européenne. Bruxelles ne va pas laisser tomber facilement et cela prendra du temps.  Mais les pressions économiques dans de nombreux pays européens, exacerbées par le nombre élevé de migrants, contribueront certainement à accélérer l'éclatement de l'UE.

Les matières premières vont exploser

Les matières premières sont à leur plus bas niveau en 60 ans par rapport aux actions. Cela ne signifie pas seulement que les actions vont s’effondrer. Plus important encore, de nombreuses matières premières vont monter en flèche. En partie grâce à l'inflation à venir, qui débouchera sur l’hyperinflation et un dollar faible. Les matières premières seront l'un des principaux bénéficiaires de la réévaluation des actifs à venir. Avec l'effondrement des bulles d'actifs comme les actions, les obligations et les biens immobiliers, les matières premières vont exploser. Cela provoquera le plus important transfert de richesse de l'histoire.

 

 

De nombreuses matières premières atteindront de nouveaux sommets, comme le pétrole, par exemple, qui dépassera probablement 150 $ le baril. Mais les principaux bénéficiaires de ce boom des matières premières seront les métaux précieux. Bien que je ne considère pas l’or et l’argent comme des matières premières, ils sont classés comme tels.

Préoccupez-vous du risque, non du prix

Les investisseurs en métaux précieux ont dû faire preuve de patience depuis le sommet de 2011. Même si ceux qui détiennent de l'or et de l'argent à des fins de préservation du patrimoine accordent peu d'importance au prix. Et comme nous l'indique le graphique ci-dessus, les métaux sont maintenant prêts à une cassure à la hausse qui, non seulement, poussera l’or au-dessus de 1 920 $ et l’argent au-dessus de 50 $, mais à des niveaux qui refléteront la valeur réelle des métaux ajustée à l’inflation, soit au moins 10 000 $ pour l’or et 650 $ pour l’argent. Avec l'hyperinflation réelle, il faudra ajouter quelques zéros. 

L'or physique est détenu, non pas comme investissement, mais comme la seule monnaie à avoir survécu dans l’histoire. Nous sommes à la veille d’une crise économique d'une ampleur inimaginable, en raison d'un problème de dette insoluble. Les métaux précieux seront une assurance inestimable pour survivre financièrement à cette crise.


Source originale: Matterhorn - GoldSwitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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