Ponction des comptes bancaires : la Suisse s’y met !

Publié par Philippe Herlin | 3 déc. 2015 | Articles

Nous avons averti du danger que représente la directive BRRD de ponction des comptes bancaires : désormais, lorsqu’une banque sera en situation de faillite, elle pourra compenser ses pertes en puisant directement dans les comptes de ses clients, les particuliers comme les PME. Un véritable scandale, une atteinte au droit de propriété, mais qui pour le moment ne mobilise pas les médias, les associations, ou les responsables politiques. Parions qu’un jour prochain ce vol légalisé sera dénoncé au grand jour, espérons-le avant qu’il soit mis effectivement en œuvre !

Cette directive vaut pour les pays de l’Union européenne, mais cette idée délétère semble intéresser d’autres pays, notamment un auquel on ne s’attendait pas : la Suisse. Le Conseil fédéral souhaite en effet légaliser les ponctions de comptes bancaires pour le cas où l’une des banques "too big to fail" viendrait à déposer son bilan (UBS, Crédit Suisse, Banque Cantonale de Zurich, Raiffeisen et PostFinance). Les clients de ces banques doivent désormais être conscients des risques auxquels ils s’exposent. C’est la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) qui pousse à cette adoption. Elle rappelle, comme la directive d’ailleurs, que les comptes de moins de 100.000 francs suisses ne seront pas concernés, même si cette garantie ne sert qu’à rassurer les naïfs, nous l’avons montré.

La Suisse ! L’un des pays qui garantit le mieux la propriété privée dans le monde, un refuge doré pour une grande partie des fortunes mondiales, des services de banque privée parmi les mieux estimés internationalement, l’image d’un coffre fort inviolable… Tout cela sera bientôt à ranger au rayon des souvenirs : une banque en difficulté pourra sans honte se servir dans les comptes de ses clients. Quelle stupéfiante contre-publicité ! La loi n’est toutefois pas encore mise en place et on espère pouvoir compter sur la vigueur de la vie démocratique de la Confédération helvétique pour s’opposer à ce texte scélérat.

Le fait que même la Suisse veuille appliquer ce principe démontre malheureusement son succès, d’autres pays vont suivre. Pour les Etats, cela semble la solution la plus simple pour résoudre une crise bancaire. Pourtant, c’est l’existence même de banques "too big to fail" (trop grosses pour faire faillite) qui devrait poser problème, et inciter à y répondre en le traitant à la racine, c’est à dire en réduisant la taille des banques, en séparant les activités de marché des activités de dépôt, en augmentant les fonds propres. Cela irait à l’encontre du lobby bancaire, ne rêvons pas.

Si même les banques suisses n’offrent plus de sécurité absolue, cela démontre qu’il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la banque. Que reste-t-il de sûr ? Nous le savons ici, à GoldBroker, avec de l’or physique stocké en dehors du circuit bancaire. Sinon achetez du chocolat suisse, il reste le meilleur du monde.


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Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l'équipe éditoriale de Goldbroker.com

   

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