L'or, l’actif réel par excellence

Publié par Philippe Herlin | 3 mars 2016 | Articles

Les mouvements à la baisse sur les marchés, tels que nous les connaissons depuis le début du mois de janvier, incitent nombre d'investisseurs à sortir des actions et des placements financiers en général pour revenir vers le cash, sous-entendu les comptes bancaires. Mais immédiatement après se pose un autre problème, le secteur bancaire est celui qui dévisse le plus sur les bourses mondiales, les inquiétudes sont en effet au plus haut pour les banques italiennes, grecques, ou la Deutsche Bank, les banques européennes sont plus ou moins investies dans le secteur pétrolier qui s'écroule avec la chute du prix du baril, les incertitudes et les rumeurs abondent. La directive BRRD rend ce risque d'autant plus crucial et urgent qu’elle prévoit une sorte de "confiscation préventive" des comptes bancaires pour éviter à la banque en difficulté de disparaître. Convertir ses avoirs en billets de banque étant peu pratique, et de plus en plus limité par la loi, à ce moment, la réponse consiste à basculer une partie de son patrimoine vers les "actifs réels", des actifs tangibles possédant une valeur intrinsèque, qui permettent de sortir du système bancaire, et dont la liste est connue : immobilier, terrain agricole, forêt, œuvres d'art, voitures de collection, et l'or bien entendu.

Mais ce serait une erreur de les mettre au même niveau. Tous ceux que nous avons cités, sauf le dernier, sont spécifiques : on achète tel ou tel appartement, tel ou tel terrain, telle œuvre d'art ou telle voiture de collection et pas une autre. Alors que l'or est le même partout sur la planète, il n'y a pas à se poser la question. Et ce risque il faut en tenir compte, car il peut jouer des tours.

Par exemple, le directeur de l'une des plus importantes foires d'art contemporain au monde, Art Basel, vient de déclarer que "80% de l'art contemporain sera invendable dans 20 ans". Il sait de quoi il parle. Voici un placement qui prend un sacré coup de barre. Récemment en France, par la grâce de lois votées ces dernières années (Grenelle II et ALUR), plusieurs propriétaires terriens ont découvert avec stupéfaction que leur terrain constructible était devenu un terrain agricole, perdant au passage toute sa valeur marchande. Plus généralement, les constants changements de réglementations et l’alourdissement des taxations créent une incertitude croissante dans le secteur immobilier. Que la mythique Jaguar Type E se négocie autour de 100.000 euros et qu'elle conserve cette valeur à l'avenir peut se comprendre et s'envisager, mais on sera plus dubitatif pour un Combi Wolkswagen, fabriqué à un bien plus grand nombre d'exemplaires, qui vient de partir à ce prix lors d'une récente vente Bonhams.

Pour l'or ce type d’incertitude n’existe évidemment pas, et pour cette raison il doit être largement privilégié dans un portefeuille d'actifs réels. La sortie des marchés, de plus en plus bullaires et instables, puis la débancarisation, ne devraient pas manquer d'alimenter encore plus la hausse des actifs réels (une Ferrari vient de battre le record mondial d’une voiture de collection à 38 M$). Il y aura certes de belles opportunités mais il faut être très sélectif, il est nécessaire de bien connaître le secteur, au risque de sérieuses déconvenues. La sécurité et l'assurance resteront, comme depuis toujours, du côté de l'or.


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Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l'équipe éditoriale de Goldbroker.com

   

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