Les dérivés conduiront au désastre et à l'effondrement systémique

Publié par Egon Von Greyerz | 21 mars 2018 | Articles

Le "jeu" est le fait de parier de l'argent (ou quelque chose de valeur) sur un événement dont l'issue est incertaine. Trois éléments sont requis : une contrepartie, la chance et l'attribution d'un prix. Vous placez un pari et, si vous êtes chanceux, vous gagnez un prix, mais vous prenez aussi le risque de tout perdre. Le jeu existe depuis des milliers d'années et peut-être même plus longtemps. Les premiers dés à six faces datent de 3000 ans. Le jeu est devenu plus organisé lorsque les casinos ont été établis. Le premier casino connu a vu le jour à Venise au début des années 1600.

Le mot "casino" signifie littéralement "petite maison" en italien. Maison qui tient aussi le rôle de banquier. Les probabilités sont naturellement en faveur de la maison, et ce depuis des siècles. Les banquiers (ou la maison) ont fait fortune au cours des 100 dernières années, et particulièrement lors des 25 dernières, une période où la manipulation de marché a pris des proportions énormes.

Les gouvernements et les banquiers centraux ont transformé les marchés d'investissement en un immense casino rempli de gagnants, dont la plupart sont les banquiers eux-mêmes.

dérivés - La "maison" gagne toujours

 

 

Les banquiers centraux et commerciaux ont créé le casino parfait, où le banquier sort souvent gagnant. Premièrement, le banquier émet l'argent avec un effet de levier infini. Puis il fixe les conditions - taux d'intérêt, frais, modalités, etc. Pour améliorer encore plus ses chances, le banquier manipule également les marchés en sa faveur.

Le marché des produits dérivés est le préféré des banquiers. C'est le plus grand marché financier du monde. Il se compose principalement d'instruments de gré à gré (OTC) non réglementés. Un dérivé tire sa valeur d'actifs sous-jacents tels que les actions, les indices boursiers, les obligations, les devises, l'or, l'argent, etc.

Les produits dérivés sont la plus grande source de revenus du système financier et ont rendu de nombreux banquiers très riches. Le système est totalement biaisé contre les acheteurs des dérivés. Les prix sont fixés de sorte que l'émetteur de l'instrument dérivé encaisse pratiquement à chaque fois. Les prix sont toujours fixés pour que la banque perçoive 100% de la prime et ne la paie jamais. Quand la maturité d'un produit dérivé en situation de gain potentiel approche, la banque fera tout son possible pour manipuler le prix afin que le produit dérivé expire sans valeur.

 

 

Il est important de comprendre qu'un dérivé tire sa valeur d'un actif sous-jacent, mais qu'il n'y a absolument rien pour soutenir le dérivé, à l'exception de la solvabilité de l'émetteur.

L'or à 1.4 million $ pour couvrir la défaillance des dérivés

La valeur des dérivés en circulation s'établit à environ 1.5 million de milliards $. La Banque des règlements internationaux (BRI) rapporte un chiffre de 500 000 milliards $. Mais ce chiffre n'est pas crédible, puisqu'il a été ajusté il y a quelques années, après compensation d'une grande partie de l'exposition brute. L'exposition brute aux dérivés est 1070 fois supérieure à la valeur de l'or détenu par la "banque centrale des banques centrales". Donc, si les banques centrales devaient couvrir une implosion du marché des dérivés avec de l'or, le prix de l'or serait multiplié par plus de 1000 pour atteindre 1.4 million $. Cela paraît irréaliste, mais rappelez-vous que l'once d'or était à 100 trillions de marks pendant la République de Weimar et que son prix atteint aujourd'hui 53 millions de Bolivars au Venezuela (370 millions de bolivars au marché noir). Alors que les marchés du crédit implosent et que l'impression monétaire commence sérieusement, un prix de 1.4 million $ pourrait être beaucoup trop bas.

Deutsche Bank - Produits dérivés à effet de levier 650X

Si nous examinons l'exposition aux produits dérivés de certaines des grandes banques, nous constatons que le tableau est très sombre :

 

 

Avec des fonds propres à hauteur de 0,15 % à 0,5 % de l'exposition totale, ces banques ont peu de chances de survivre à la prochaine crise.

L'exposition indiquée est très inférieure à l'exposition réelle, puisqu'elle est basée sur le calcul de la BRI. Le montant réel est probablement deux fois plus élevé. Cela montre tout de même le risque énorme auquel ces banques sont exposées. Elles diront, bien sûr, qu'il s'agit de l'exposition brute et que la position nette correspond à une fraction du brut. Cet argument est valable sur un marché ordonné, lorsque la contrepartie paie. En 2007-2009, nous avons vu ce qu'il pourrait se passer en cas de défaillance de la contrepartie (Lehman). Le système financier mondial a dû être sauvé in extremis. Mais comme la dette mondiale a doublé depuis et que les risques ont grimpé en flèche, la prochaine fois que nous aurons une crise mondiale, la contrepartie risque fort de faire défaut.

Dérivés - Trop gros pour être sauvés

Le risque sur le marché des dérivés n'est pas reconnu par les banques, les banques centrales ou les marchés. Lors de la crise financière de 2007-2009, les produits dérivés liés aux prêts hypothécaires ont poussé le monde au bord du gouffre. La prochaine fois, ce sera encore le marché des produits dérivés qui déclenchera l'effondrement du système financier. Mais cette fois-ci, le système a peu de chances d'être sauvé. Les taux d'intérêt sont déjà bas et l'impression monétaire n'aura aucun effet réel.

Comme le montre le cube ci-dessus, il y a trop peu d'or sur la planète pour sauver le système lorsque la papier-monnaie devient sans valeur. Les prix de l'or et de l'argent devront être multipliés par au moins 1000 pour refléter les pertes dans le système financier et la dévalorisation de la monnaie.

Or et argent - Une valeur incroyable

L'or à 1 320 $ et l'argent à 16,50 $ ont une valeur incroyable dans un système financier qui a peu de chance de survivre sous sa forme actuelle. Les métaux précieux sont la seule classe d'actifs qui maintiendra son pouvoir d'achat au cours de la prochaine crise financière. Mais l'or et l'argent feront probablement beaucoup mieux que de simplement protéger la valeur. Les matières premières terminent actuellement un important cycle baissier et surperformeront toutes les classes d'actifs dans les années à venir. L'or et l'argent seront les grands gagnants et atteindront des niveaux difficilement imaginables aujourd'hui.

Il est garanti que le papier-monnaie deviendra sans valeur et que la plupart des classes d'actifs en bulle perdront 75 à 95% en termes réels. L'or, en tant que monnaie naturelle, sera la seule à survivre, tout comme elle l'a fait pendant plus de 5000 ans.


Source originale: Matterhorn - GoldSwitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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