L’or, les taux d’intérêt et les super-cycles

Publié par Gold Broker | 20 nov. 2017 | Articles

Par Jim Rickards

Lorsque la Fed a relevé ses taux d’intérêt, en décembre dernier, plusieurs personnes pensaient que l’or allait dégringoler. Ce ne fut pas le cas.

L’or a atteint un plancher, le jour suivant la montée des taux, avant de finalement repartir à la hausse.

La même chose était arrivée après le resserrement de la politique monétaire de la Fed en décembre 2015. Le premier trimestre 2016 fut ensuite l'un des meilleurs trimestres de l'or en vingt ans. Il était intéressant de voir l’or grimper, malgré les vents contraires de la Fed.

Cette année, l’or a plus que résisté.

Normalement, lorsque les taux montent, le dollar se renforce et l’or s’affaiblit. Les deux évoluent habituellement dans des directions opposées. Comment se fait-il que l’or ait grimpé, alors que la Fed resserrait sa politique monétaire et que le dollar était fort ?

Cela me laisse penser qu’il y a autre chose… quelque chose en coulisses qui fait grimper le prix de l’or.

Il ne faut pas se focaliser uniquement sur le dollar. Le dollar est un facteur important dans la détermination du prix de l’or, sans aucun doute. Mais les fondamentaux de base, comme l’offre et la demande sur le marché physique de l’or, sont aussi importants.

Je voyage souvent, et j’étais à Shanghai pour y rencontrer les plus gros marchands d’or de Chine. Je me suis également rendu en Suisse, où j’ai pu discuter avec des raffineurs et vendeurs d’or.

J’entends les mêmes histoires en Suisse, à Shanghai et partout ailleurs : il y a des pénuries d’or physique et les raffineurs ont du mal à s'en procurer. Les raffineurs ont des listes d’attente d’acheteurs, et ils ne parviennent pas à trouver l’or nécessaire pour maintenir leurs opérations de raffinage.

Les nouvelles découvertes aurifères sont de plus en plus rares, et la demande excède l’offre. C’est pourquoi certaines minières aurifères sont si attrayantes en ce moment. Une seule découverte de taille pourrait faire la fortune des investisseurs.

Les pénuries d’or physique sont devenues un problème. C'est un facteur important du prix de l'or.

Il y a une autre raison de croire que l'or est actuellement dans une tendance à long terme.

Pour comprendre, jetons tout d’abord un coup d’œil sur le long déclin des prix de l’or entre 2011 et 2015. La meilleure explication nous vient du légendaire investisseur en matières premières, Jim Rogers. Comme moi, il pense que l’or grimpera autour de 10 000 $ l’once.

Mais Jim Rogers souligne qu'aucune matière première ne passe d'un point bas majeur à un sommet de long terme sans un retracement de 50% en cours de route.

L’or a atteint son plus bas, à 225 $ l’once, en août 1999. À partir de ce point, il se retourna à la hausse et grimpa de 650%, jusqu’à atteindre son sommet à près de 1 900 $, en septembre 2011.

L’once d'or a grimpé de 1 643 $ entre août 1999 et septembre 2011.

Un retracement de 50% de ce rallye ferait baisser le prix de l'once de 821 $, portant ainsi le prix de l'or à 1 077 $ à la fin du retracement. C'est presque exactement le même prix qu'au 27 novembre 2015 (1 058 $ l'once).

Cela signifie que le retracement de 50 % est derrière nous et que l'or devrait atteindre de nouveaux sommets historiques dans les prochaines années.

Pourquoi les investisseurs devraient-ils croire que l’or ne s'écroulera pas une nouvelle fois ?

La réponse est qu’il y a une différence importante entre l'évolution des prix en 2011-2015 et ce qui se passe actuellement.

Ce déclin de quatre ans formait un modèle de "sommets plus bas et points bas plus bas". Alors que l’or montait et retombait, chaque sommet était plus bas que le sommet précédent, et chaque bas était plus bas que le bas précédent.

Depuis décembre 2016, il semble que ce modèle de marché baissier se soit renversé. Nous voyons maintenant des "sommets plus hauts et des points bas plus hauts", ce qui fait partie d’une tendance générale à la hausse.

Le sommet de 24 février 2017, à 1 256 $ l’once, était plus haut que le précédent sommet de 23 janvier 2017, à 1 217 $ l’once.

Le bas du 10 mai, à 1 218 $ l’once, était plus haut que le bas précédent du 14 mars, à 1 198 $ l’once.

Le sommet du 7 septembre, à 1,353 $, était plus haut que le précédent sommet du 6 juin, à 1 296 $. Et le bas du 5 octobre, à 1 271 $, était plus haut que celui du 7 juillet, à 1 212 $.

Bien sûr, cette nouvelle tendance n’a pas encore un an, et elle n’est pas déterministe. Mais c’est quand même encourageant, si l’on tient compte des autres facteurs haussiers pour l’or.

Plus important encore, l’or a tenu bon malgré des taux d’intérêt plus élevés et la menace d’autres hausses à venir.

Cela me porte à croire que nous assistons à une ruée vers la qualité, et cela indique que les gens perdent confiance dans les banques centrales. Ils réalisent que les banques n’ont plus de munitions. Cela fait plus de huit ans qu’elles impriment de la monnaie et gardent les taux proches de zéro ou négatifs. Mais cela n'a toujours pas stimulé l'économie comme elles le souhaitaient.

L’or grimpe dans ce que je considère être un environnement hostile de taux plus élevés.

La question : où va l’or ?

Le marché estime la probabilité d'une hausse de taux de la fed le mois prochain proche de 100%.

Je suis sceptique, à cause des faibles données sur l'inflation. Il reste encore à publier des données sur les dépenses des ménages (PCE) avant la réunion du 13 décembre. Elles devraient être publiées le 30 novembre.

Si les chiffres sont élevés, disons 1,6% ou plus, cela validera le point de vue de Janet Yellen, selon laquelle la faiblesse de l’inflation était "transitoire", et justifiera une hausse des taux en décembre.

D'un autre côté, si ces chiffres sont faibles, disons 1,3% ou moins, il y a de fortes chances que la Fed ne monte pas les taux en décembre. Si cette hausse n'a pas lieu à cause de faibles données sur l’inflation, il faut s’attendre à de forts rallyes dans les obligations et l’or.

La dernière fois que l’or a chuté de façon spectaculaire, c’était le soir de l’élection américaine, lorsque Stan Druckenmiller, un investisseur réputé dans l’or, a vendu tout son or. Il est normal que, lorsque quelqu’un se débarrasse d’une telle quantité d’or, le prix baisse.

Cette décision reflétait un changement de sentiment.

Ce qu'a dit Stan à ce moment était très intéressant : "Toutes les raisons pour lesquelles je possédais de l’or ont disparu, parce que Donald Trump a été élu président."

Autrement dit, il croyait que Hillary Clinton serait mauvaise pour l'économie, mais que les politiques de Donald Trump seraient bénéfiques. Il a donc vendu son or et acheté des actions en partant de l'hypothèse que l'économie croîtrait sous Trump.

En début d'année, Stan a dit qu’il se remettait à acheter de l’or. Cela signifie que les gens, finalement, reconsidèrent leur reflation trade. Réforme fiscale ? Un gros point d’interrogation. Quand avez-vous entendu parler de dépenses d’infrastructures pour la dernière fois ?

Les investisseurs se rueront vers l’or, une fois qu’ils prendront conscience de la réalité. Ajoutez-y les tensions géopolitiques en Asie et au Moyen-Orient, et l’avenir de l’or s'annonce brillant.


Source originale: Daily Reckoning


La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu'elle est accompagnée d'un lien vers la source originale.


Gold Broker  La Rédaction

   

Mes articles


Découvrez notre sélection de lingots et pièces d'investissement

Tous nos produits