L’or protège contre les mensonges et les guerres

Publié par Egon Von Greyerz | 17 avr. 2017 | Articles

Comme l'expliquait le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli, il y a trois sortes de mensonges : "Il y a les mensonges, les satanés mensonges, et les statistiques." Aujourd’hui, nous sommes inondés d’informations mensongères, et la plupart des gens qui suivent uniquement les médias traditionnels ignorent la vérité. Parce que peu de gens disent la vérité de nos jours :

  • Les politiciens mentent pour tromper et endoctriner les gens.
  • Les gouvernements publient de fausses données économiques comme, par exemple, sur le chômage ou l’inflation, pour servir leurs propres intérêts.
  • Les banques centrales mentent, parce que si elles disaient la vérité, la bulle financière mondiale éclaterait instantanément.
  • Les banquiers mentent sur le bilan de leurs banques, parce que si elles dévoilaient à leurs clients leur vraie situation financière, elles perdraient tous leurs déposants.
  • Les "fausses nouvelles" et les "fausses alarmes" (fake news and false flags) sont désormais chose courante. Vu que la plupart des gens ne sont pas du tout critiques de ce qu’ils lisent dans les journaux ou regardent à la télé, il est extrêmement facile, pour les gouvernements de l’Ouest ou de l’Est, de publier des mensonges et de fausses nouvelles.
  • Les journalistes mentent, soit à cause de leurs penchants politiques, ou soit parce qu’ils sont trop paresseux pour examiner les faits.
  • Les gestionnaires de fonds de retraite mentent, parce qu’ils n’osent pas dire aux futurs retraités qu’ils ne recevront probablement qu’une fraction de la pension promise.

Ces mensonges entraîneront un effondrement systémique

Il ne s’agit que de quelques exemples; la liste est sans fin. Les raisons de ces mensonges sont complexes. Pour faire simple, nous sommes à la fin d’une ère où toutes les valeurs morales et éthiques se sont effritées. Cela arrive à tous les empires. Le cycle débute avec une richesse initiale basée sur une croissance réelle, combinée au pillage des "colonies", qui peut être à la fois physique et financier. Tôt ou tard la croissance ralentit, et il y a de moins en moins de biens ou d’argent à voler. Le coût des guerres, des armes et de la manipulation financière augmente aussi, ce qui conduit à encore plus de dette et d’impression monétaire. La bureaucratie s’installe, le coût des avantages sociaux augmente, tout comme les taxes. Les gens deviennent paresseux et moins productifs, et une part grandissante de la population touche des prestations ou ne travaille pas du tout. C’est ce qui arrive aujourd'hui à plusieurs pays occidentaux. Aux États-Unis, par exemple, il y a 100 millions de personnes aptes au travail qui ne font pas partie de la population active, et plus de 45 millions bénéficient de coupons alimentaires. Finalement, il arrive un moment où l’expansion de crédit et l’impression monétaire n’ont plus d’effet. Comment pourrait-il en être autrement, étant donné que des morceaux de papier imprimé, ainsi que des prêts d’argent qui n’existe pas, n’auront jamais aucune valeur ? Une accélération de l’impression monétaire mène nécessairement à la faillite, comme Ludwig von Mises l’a si bien dit :

"Il n'y a aucun moyen d'éviter l'effondrement final d'un boom provoqué par une expansion du crédit. L'alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt, par l'abandon volontaire d'une expansion supplémentaire du crédit, ou plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté."

Après cent ans d’une expérience infructueuse d’expansion de crédit, qui a mené à des bulles d'actifs et des milliards de milliards $ de passifs, le monde est au bord de la faillite financière, et d’une "catastrophe finale et totale du système monétaire." Comme je l'ai mentionné plusieurs fois, tous les ingrédients sont réunis pour que cela arrive. La question est de savoir combien de temps encore les gouvernements et les banques centrales pourront continuer à tromper les gens, avant que nous n’atteignions la "fin de partie". Les effets du crédit additionnel s’estompent rapidement, vu qu’il faut de plus en plus de dollars pour obtenir un seul dollar d’augmentation du PIB.

Partir en guerre pour détourner l’attention des problèmes économiques

La guerre est la mesure ultime pour détourner l’attention de la terrible situation financière d’un pays. Après moins de trois mois au pouvoir, Donald Trump est déjà en guerre. La plupart de ses tentatives d’exercer le pouvoir présidentiel ont échoué. Alors qu'il avait déclaré que les États-Unis ne seraient plus un agresseur, le ton a changé après une supposée attaque aux gaz chimiques par la Syrie. Le président américain a décidé de bombarder la Syrie avant qu'une enquête indépendante n'ait pu être réalisée. La Russie n’approuve pas cela – elle aide d’ailleurs la Syrie à renforcer sa défense. La Russie déploie également ses navires de guerre en Méditerranée, où il y a déjà des navires américains. Le secrétaire des affaires étrangères du Royaume-Uni vient d’annuler un voyage en Russie et s’est entendu avec le secrétaire d’état américain pour pousser la Russie à quitter la Syrie. Mais, heureusement, certains membres du G7, l’Allemagne et l’Italie, ont refusé d’entériner les plans des États-Unis et du Royaume-Uni pour la Syrie.

Il s’agit d’une situation extrêmement dangereuse qui pourrait se transformer en conflit majeur. Les cycles de guerre nous indiquent une escalade dans les années à venir. Les cycles de guerre, généralement, coïncident avec la situation économique. L’économie mondiale étant aujourd'hui dans la pire position de son histoire, le risque de guerre est plus grand qu’il ne l’a été depuis très longtemps.

Des pays comme le Japon, la Chine, plusieurs pays européens, ainsi que les États-Unis, ont des dettes et des déficits qu’ils ne pourront jamais rembourser. Entre 2007 et 2009, le système financier mondial s’est presque effondré à cause de la dette. Depuis lors, la dette mondiale a grimpé d’au moins 70%. Aucuns des problèmes à l'origine de la Grande crise financière n’ont été réglés, ce qui signifie que le risque est exponentiellement plus élevé qu’il y a dix ans. La plupart des leaders savent qu’ils ne peuvent à la fois résoudre les problèmes économiques et rester au pouvoir. Alors, pour une superpuissance comme les États-Unis, il n'y a qu'un seul recours. La solution la plus pratique pour un leader en échec au niveau national est de trouver une raison, un bouc émissaire, afin de détourner l’attention à l'extérieur de son pays. Ainsi, Trump va à l’encontre de tout ce qu’il avait promis lors de sa campagne électorale, et il entreprend les premiers pas vers un conflit mondial majeur. Ce n’est pas une guerre contre la petite Syrie. Il faut savoir qu’Assad a tué bien moins de gens innocents que ne l’ont fait les États-Unis et leurs alliés en Afghanistan, en Irak et en Libye. Non… c'est une guerre contre la Russie, pour le contrôle du Moyen-Orient. La Syrie a demandé à la Russie de défendre le pays, et les États-Unis sont les agresseurs. Il existe donc un risque potentiel de conflit entre les deux superpuissances mondiales.

Les conséquences d’un tel conflit sont impossibles à prédire, surtout que des armes nucléaires pourraient être utilisées. Très peu de pays échapperaient à un conflit majeur, mais il est possible que certaines zones de l’Amérique du Sud, ainsi que la Nouvelle-Zélande et l’Australie, aient une chance. Pour la plupart des gens, il n’est ni pratique ni possible de déménager. Espérons et prions que rien n’arrive… mais soyons conscients que le risque est plus élevé que jamais.

L’or et l’argent : l’assurance ultime contre un monde pourri

Ce que tout le monde peut faire, à des niveaux différents, est de se protéger contre la crise financière à venir. Il est presque garanti que cette crise frappera dans les prochaines années. Nous avons, depuis plus de quinze ans, aidé les investisseurs à préserver leur richesse en détenant de l’or physique ou de l’argent en dehors du système bancaire.

Il existe plusieurs façons d’acheter et de détenir des métaux précieux, mais pour le faire en toute sécurité, il y a quelques règles essentielles à respecter :

  • Il faut détenir des lingots et/ou des pièces d’or et d’argent. Pas d’ETF, pas d’or-papier ou d’argent-papier.
  • Il faut détenir ses propres lingots ou pièces – ne pas détenir des parts d’un stock d’or ou d’argent en copropriété.
  • Il faut stocker ses métaux précieux dans des coffres ultra-sécurisés, en dehors du système bancaire.
  • Il faut stocker la majorité de ses métaux en dehors de son pays de résidence, dans un pays sûr, une vraie démocratie, qui a une longue histoire du droit.
  • Ne stockez à votre domicile que les métaux précieux que vous pourriez vous permettre de perdre. Même si vous disposez d’une bonne cachette, des voleurs pourraient menacer votre conjoint ou vos enfants.
  • Achetez de l’or provenant uniquement d’une raffinerie reconnue, certifiée par la LBMA. Récemment, le COMEX a suspendu l’enregistrement d’Elemetal Refiners (anciennement NTR Metals) aux États-Unis, à cause d’une enquête fédérale sur la contrebande de milliards de dollars d’or extrait illégalement. La LBMA l’a aussi rayée de sa liste.
  • Les quatre plus grandes raffineries suisses sont dans le métier depuis 50-100 ans. Elles produisent entre 60% et 70% des lingots d’or du monde. Elles ont aussi la réputation de produire la plus haute qualité de lingots d'or au monde.
  • Il y a beaucoup de lingots d’or de contrefaçon qui ressemblent à s’y méprendre aux lingots de raffineries réputées. J’ai moi-même vu de parfaits lingots d’or fabriqués en Chine… mais à l’intérieur, ils contenaient du tungstène. À mesure que le prix de l’or grimpera, il y aura de plus en plus d’or de contrefaçon. C’est pourquoi il est essentiel d’acheter via des sociétés réputées qui s’approvisionnent chez les raffineurs suisses.
  • Il faut éliminer les risques de contrepartie. Les investisseurs doivent avoir la détention directe des lingots ou des pièces , et non pas détenir un sous-compte d’une autre société. Les investisseurs doivent avoir un accès direct aux coffres, sans l’approbation d’une tierce-partie.
  • Les métaux précieux doivent être assurés contre tous les risques via une grande compagnie d’assurance internationale.
  • Il ne faut pas entreposer soi-même dans un coffre. Il s’agit d’une fausse économie. Faites affaire avec une société qui peut offrir une liquidité instantanée. Si l’or ou l’argent sort de la chaîne d’intégrité de la LBMA, la plupart des banques ou des vendeurs d’or refuseront de racheter cet or. Si vous stockez vous-même, vous pourriez avoir un sérieux problème de liquidité.
  • Ne stockez pas d’or dans une banque. Cela inclut les coffres privés. Dans le cas d’une faillite bancaire ou d’une fermeture prolongée, vous pourriez ne pas avoir accès à votre or pendant très longtemps. Il y a eu aussi beaucoup de cas de gouvernements qui ont ouvert les coffres privés des banques.
  • Finalement, le conseil le plus important que je puisse donner aux investisseurs est de choisir une société qui a un long historique de stabilité et de fiabilité. Il est encore plus important que la direction de la société ou ses propriétaires aient un parcours irréprochable. À chaque fois que je fais affaire avec une nouvelle société, je me fie toujours aux personnes en charge. Ils sont vos partenaires, et leur historique est plus important que tous les autres critères. Évidemment, la société doit aussi offrir des produits ou services de qualité, et être en bonne santé financière.

Guerre ou pas guerre, l’or et l’argent ont terminé leur correction d’après le pic de 2011 et sont maintenant en route vers de nouveaux sommets, bien plus élevés que les précédents. L’or devrait atteindre 10 000 $ et l’argent 500 $, au moins, en monnaie actuelle Mais, vu que le risque d’hyperinflation est probable, les prix réels pourraient bien grimper à des multiples de ces niveaux. À plus court terme, les métaux semblent pressés, et l’or devrait atteindre 1 360 $ assez rapidement.

J’ai souligné plusieurs fois que l’or et l’argent ne devraient pas être vus comme des investissements, mais plutôt comme les plus importants actifs de préservation de richesse que l'on puisse détenir. À travers l’histoire, durant toutes les périodes de crise, qu’il s’agisse d’une crise économique avec l’hyperinflation, ou géopolitique avec la guerre, l’or et l’argent ont toujours constitué la meilleure assurance. La période à venir ne fera certainement pas exception à cette règle.


Source originale: Matterhorn - GoldSwitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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