Les six présidents responsables de la faillite des États-Unis

Publié par Egon Von Greyerz | 12 sept. 2016 | Articles

Depuis l'élection de Ronald Reagan en 1981, les États-Unis ont eu cinq présidents qui ont dépensé des sommes en constante augmentation afin de s’accrocher au pouvoir et acheter des votes. Cela a entraîné la plus grande entreprise d’impression monétaire de l’histoire. Mais il n’y a pas que les banques centrales qui impriment de la monnaie. Les gouvernements qui empruntent de gros montants font la même chose, puisque cet argent est créé à partir de rien. Pire que cela, les États-Unis n’ont ni l’intention, ni la capacité de rembourser cette dette avec de la monnaie véritable. Ainsi, la dette américaine ne pourra que s’évaporer lorsque le pays fera faillite. Vu qu’il n’existe pas d’autre façon d’éradiquer cette dette, une faillite des États-Unis est inévitable dans les années à venir. Mais avant cela, la Réserve fédérale et le gouvernement américain inonderont le marché de jumbo jet money, puisque le helicopter money sera insuffisant. Tout cet argent créera de l’hyperinflation, mais il ne paiera pas la dette. Il ne fera qu’augmenter le montant de la dette, qui atteint déjà des milliers de milliards.

Après 55 ans de déficits, la dette américaine est passée de 286 milliards $ à 19 600 000 milliards $

L’économie américaine a eu une croissance naturelle, sans déficit budgétaire, jusqu’en 1960. À ce moment, une implication plus lourde des États-Unis dans la guerre du Vietnam créa les premiers déficits. Lorsque Eisenhower passa le pouvoir à Kennedy en 1961, la dette des États-Unis n’était que de 286 milliards $. Vingt ans plus tard, durant la première année de l’administration Reagan, la dette américaine a atteint la somme faramineuse de 1 000 milliards $.

On a fait l’éloge de Reagan comme président car, comme Thatcher au Royaume-Uni, il a pris le pouvoir au creux d'un cycle économique et boursier. Ils ont eu la chance d’être là au bon moment. Mais peu de gens réalisent que Reagan a obtenu ces bons résultats en triplant quasiment la dette, de 900 millions $ à 2 600 millions $. En huit ans, Reagan a engendré 1 700 millions $ de dette, soit presque le double de ce que tous les présidents avant lui, réunis, avaient fait depuis 1789. Depuis lors, tous les présidents ont continué sur la même route des déficits. La plupart des gens croient que Bill Clinton a bien géré l’économie américaine et qu’il a créé des excédents budgétaires pour la première fois en 35 ans. Mais l’administration Clinton a particulièrement bien réussi à trafiquer les comptes, plutôt que de créer des excédents – parce que, à chacune des années de l’administration Clinton, la dette fédérale a augmenté. Lorsque Clinton s’en alla, en 2001, il avait réussi à ajouter 1 600 milliards $ de dette, pour porter le total à 5 700 milliards $.

Le suivant à battre des records fut George W. Bush, qui augmenta la dette de 4 300 milliards $, en la faisant passer de 5 700 milliards $ à 10 000 milliards $. Mais c’est Obama qui s’avère être le plus prolifique des présidents jusqu'ici. Souvenez-vous qu'il a fallu 219 ans aux États-Unis pour passer d’une dette nulle à une dette de 10 000 milliards $. La dette des États-Unis sera aux alentours de 20 000 milliards $ au départ de Monsieur "Après moi, le déluge" Obama. Il s’agit de la plus grande augmentation de dette nationale de l’histoire, si l’on exclut certaines économies qui ont connu de l’hyperinflation. A noter que ce chiffre n’inclut pas l’impression monétaire de la Fed, ni les passifs non capitalisés, ni les dettes des entreprises et des particuliers, qui ont toutes crû de façon exponentielle. Avec tout cela, nous pourrions ajouter au moins 250 000 milliards $ !

La dette des États-Unis ne sera jamais remboursée

Le premier graphique ci-dessous montre comment la dette est passée de 900 milliards $ en 1981 à 19 600 000 milliards aujourd'hui. Lorsque Obama passera le flambeau à Clinton/Trump, il aura doublé la dette américaine, de 10 à 20 000 milliards $, et il aura de plus présidé sous un déficit cumulatif de 7 000 milliards $.

 

 

Ces 36 dernières années, la dette des États-Unis a été multipliée par 22. Il avait fallu 220 ans pour atteindre 10 000 milliards $ de dette, et Obama a réussi à doubler cette dette en seulement huit ans. Étant donné qu’il a déjà reçu le prix Nobel de la paix, peut-être devrait-on lui décerner le Nobel d’économie pour avoir été le président le plus prolifique de l’histoire mondiale.

Le second graphique ci-dessus montre les revenus fiscaux de 1981 à aujourd’hui. Ces revenus ont été multipliés par 5,8, en passant de 900 milliards $ à 3 500 milliards $.

DEPUIS 1960, LES ÉTATS-UNIS N’ONT PAS ENREGISTRÉ UN SEUL RÉEL EXCÉDENT BUDGÉTAIRE EN UNE ANNÉE. LA DETTE EST 22 FOIS CE QU’ELLE ÉTAIT EN 1981 ALORS QUE LES REVENUS FISCAUX N’ONT ÉTÉ MULTIPLIÉS QUE PAR 5,8. IL EST CLAIR QUE LA DETTE AMÉRICAINE NE SERA JAMAIS REMBOURSÉE ET QUE LA SEULE SOLUTION RÉALISTE EST UN DÉFAUT ET UNE FAILLITE.

Aucun des deux candidats à la présidentielle ne pourra résoudre la catastrophe de la dette américaine

Il est incroyable que la plus grande puissance économique mondiale, celle qui détient la monnaie de réserve internationale, soit poussée au bord du gouffre par une série de présidents qui, chacun, exacerbent le problème de façon exponentielle. Il est encore plus étonnant que, pendant la campagne présidentielle actuelle, aucun des deux candidats ne prenne le temps de s’adresser au plus pressant des problèmes : It’s the economy, stupid! (“C'est l'économie idiot !” célèbre réplique de Bill Clinton en 1992). La raison est simple : ils n’osent pas aborder un problème qu’ils ne pourront pas résoudre. Il faut dire que briguer la présidence des États-Unis à une époque où il est pratiquement garanti que l’économie américaine et le dollar US s’effondreront peut s’avérer être une perspective intimidante.

Même dans des circonstances normales et sans récessions majeures, le déficit américain augmentera considérablement dans les années à venir. Les promesses de Clinton/Trump contribueront aussi à l’escalade des déficits. Ajoutez-y une sévère récession, des taux d’intérêt en hausse et une débâcle des produits dérivés, et nous aurons des centaines de milliers de milliards $ de déficits. Clinton ou Trump présidera une faillite des États-Unis.

Un pays qui, durant 55 ans, ne peut gérer ses finances correctement est sur la route de la perdition. Ce n’est qu’une question de temps avant que l’économie américaine n’implose. Viendra ensuite l’implosion du dollar US. Une devise soutenue par de la dette sans valeur et par une puissance militaire affaiblie n’est pas digne du rôle de monnaie de réserve. C’est pourquoi l’hégémonie des États-Unis et du dollar US arrive à sa fin. Les États-Unis ne voudront pas que leur devise perde son statut, et ils se battront très farouchement. Malheureusement, cela pourrait déclencher des conflits militaires majeurs. Évidemment, tout cela impliquera de l’impression monétaire d’une ampleur jamais vue dans l’histoire.

Après nous, le déluge !

Clinton/Trump et Yellen vont continuer l’impression monétaire record d’Obama/Bernanke.

Il n’y a pas que les États-Unis qui feront face à des déficits croissants, de l’impression monétaire massive et une devise qui s’effondre… ce sera le cas de presque toutes les grandes économies, incluant le Japon, la Chine, l’Union européenne et les marchés émergents. La différence réside dans le fait que les États-Unis ont la plus grosse dette, les plus grands déficits, ainsi que les bulles les plus importantes dans les actions boursières, les obligations, l’immobilier, les prêts automobiles, les prêts étudiants etc...

Des nuages sombres apparaîtront dans les mois à venir

Des nuages noirs s’accumulent rapidement et cet automne pourrait amener de gros orages, aussi bien pour l’économie mondiale qu’aux plans géopolitique et social. Tous ces risques combinés sont actuellement plus élevés qu'à n'importe quel moment de l'histoire. Quand les risques sont si élevés, il est préférable de s’éloigner des bulles. Mais, malheureusement, les investisseurs adorent détenir des actifs à un prix élevé, tout en ignorant les pertes massives potentielles.

L’or : la seule monnaie qui survivra

La meilleure assurance contre les risques financiers et économiques sont les actifs tangibles, tels que l’or et l’argent, à condition qu’ils soient détenus de façon sécurisée, hors du système financier. Les métaux précieux seront le reflet de la destruction de la monnaie-papier. Avant la fin de cette crise, l’or atteindra certainement 10 000 $, en monnaie actuelle, et l’argent, 500 $. En cas d’hyperinflation, nous pourrions voir des multiples de ces cibles. Si l’or atteint 100 000 000 milliards, comme dans la République de Weimar, ce sera de la monnaie de singe… mais comparé à la détention d’argent à la banque ou en liquide, le gain dans le prix de l’or sera réel, et il constituera une vraie assurance-vie. À 1 350 $ l’once, il n'y a pas de meilleure assurance à posséder.


Source: Matterhorn - GoldSwitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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