L’économie mondiale est en feu - Les banques centrales ne savent pas comment éteindre l’incendie

Publié par Egon Von Greyerz | 5 sept. 2016 | Articles

Plus ça change, plus c’est pareil. Le monde de la finance aime bien se concentrer sur un événement futur qui, selon eux, changera tout. Il y a toujours des données économiques, une réunion importante comme le G20, la Fed ou la BCE, ou encore une déclaration de Janet Yellen ou d’un autre gouverneur de banque centrale qui n’a aucune idée de ce qu’il arrive ou arrivera. Fin d’août, les marchés ont retenu leur souffle pendant le discours de Janet Yellen à Jackson Hole, Wyoming. D’ailleurs, ce nom Jackson Hole est assez évocateur, puisque la Fed a les yeux rivés sur un énorme trou noir dans lequel des pans majeurs du système financier pourraient disparaître.

Les banques centrales tiennent un double langage

La Réserve fédérale, comme toutes les autres banques centrales, parle un double langage. Ils font miroiter une hausse des taux d’intérêt depuis décembre 2015 et les marchés y ont longtemps cru. Une nouvelle fois, Janet Yellen fait croire qu’il y aura une ou deux hausses de taux en 2016. Pour moi, il a toujours été clair, depuis décembre dernier, qu'il n'y a aucune chance d’assister à une hausse des taux d’intérêt dans le contexte actuel. Mais la Fed a un problème de crédibilité. C’est pourquoi Fisher, le vice-président de la Fed, a fait un discours optimiste, dimanche dernier, au sujet de l’économie américaine, en soulignant que la Fed était « près d’atteindre sa cible » de plein emploi et de stabilité des prix. Évidemment, lorsque vous basez vos conclusions sur des données truquées et que vous faites donc de fausses déclarations, vous pouvez dire ce que vous voulez aux marchés. C’est ce que fait la Fed, comme toutes les autres banques centrales. Il suffit d'étudier les données économiques pour se rendre compte qu’elles n’ont rien à voir avec la réalité. Le taux réel de chômage aux États-Unis n’est pas de 5%, mais bien de 23%. La différence est due à la manière différente de calculer depuis les années 1980 et à l’assomption que tous ceux qui ont arrêté de chercher un emploi après six mois ne voudront jamais retravailler. N’est-il pas étrange que 95 millions de gens aptes au travail n’aient pas d’emploi, et que le taux de participation au travail soit passé de 66% à 62% depuis 2006 ? S’agit-il de plein emploi quand 95 millions de personnes, dont la plupart ont besoin d’un emploi, ne peuvent en trouver ?

C’est la même chose avec l’inflation. La plupart des choses pour lesquelles les gens dépensent de l’argent chaque année, comme la nourriture, l’assurance, la santé ou l’éducation, ont augmenté de 5-20%. Les appareils électroniques, les vêtements et les automobiles n’ont pas grimpé, mais ces objets ne s’achètent qu’une fois toutes les quelques années. La Fed ne regarde pas l’inflation réelle, mais bien des données manipulées qui font leur affaire.

J'ai pensé que ce serait amusant de revenir sur quelques-uns de mes commentaires précédents au sujet de ces réunions au sommet. Ce sont des évènements que les acteurs du marché anticipent grandement, mais qui, au bout du compte, ne donnent rien.

Voici ce que j’ai dit en mars 2009, durant la grande crise financière :

« Cette semaine, il y aura une réunion entre les leaders du G20 et les banquiers centraux à Londres pour sauver l’économie mondiale. Soyons très clair : cette réunion est vouée à l’échec. Il n’y a aucune chance que les leaders du G20 trouvent un accord pour sauver l’économie mondiale. Si même deux leaders ne peuvent s’entendre sur la manière de résoudre la plus grosse crise financière que le monde n’ait jamais connue, vingt ne pourront le faire. Chacun de ces vingt leaders a un agenda politique différent, et chacun blâmera l’autre, alors il n’y a aucune chance que cette réunion amène autre chose que les platitudes courantes sur le besoin de coopérer pour résoudre la crise. Merkel, aussi bien que Sarkozy, ont déjà rejeté le plan de relance de Gordon Brown, et ce, avant même que cette réunion ne débute. Mais la raison principale pour laquelle cette réunion sera un échec est la quantité de produits dérivés sans valeur, qui s'élève à plus de 1 000 000 milliards $, ainsi que les quantités infinies de dettes toxiques qui ne seront jamais remboursées avec de la monnaie véritable. »

En septembre 2009, le Sommet de Pittsburgh annonçait que le G20 était le meilleur endroit pour discuter de coopération économique internationale. Depuis ce temps, le G20 est, en théorie, un autre groupe « puissant » de leaders mondiaux qui discutent de tous les problèmes catastrophiques que les pays-membres infligent à l’économie mondiale, mais qui ne trouvent jamais de solutions.

Oui, l’économie mondiale s’est stabilisée et les marchés boursiers ont repris depuis 2009. Mais ceci n’avait rien à voir avec de vraies améliorations, mais plutôt avec le fait que les banques centrales, en panique, ont imprimé, garanti ou prêté au moins 25 000 milliards $ afin d’arrêter temporairement la chute du système financier. En 2006, lorsque la Grande crise financière a débuté, la dette mondiale s'élevait à 140 000 milliards $. Aujourd’hui, dix ans plus tard, la dette mondiale a grimpé d’un étourdissant 60%, à 230 000 milliards $.

Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises, vous ne pouvez pas créer de la richesse en imprimant des morceaux de papier sans valeur et vous ne pouvez pas résoudre un problème en utilisant les mêmes méthodes qui en sont à l’origine.

Il y aura un autre meeting du G20 en Chine, en fin de semaine. Pas besoin de retenir son souffle : les leaders mondiaux ne se rendent même pas compte que l’économie mondiale est sur le point de s’effondrer. Si vous ne parvenez pas à identifier un problème, il y a peu de chance que vous puissiez le résoudre. Il n’y aurait que Deus ex Machina qui pourrait résoudre ce problème…

Dette illimitée et taux négatifs : l’ultime arnaque de Ponzi

Nous voici en 2016, et la plupart des pays souverains sont en faillite et dans l'incapacité de rembourser leurs dettes. Bien pire, ils ne peuvent même pas rembourser les intérêts sans les taux négatifs. Quel monde de fous ! Tout d’abord, des pays en faillite émettent de la dette sans valeur, qu’ils n’ont pas l’intention de rembourser. Et puis, vu qu’ils n'ont aucune chance de rembourser les intérêts sur leur dette, ils demandent aux emprunteurs de leur payer des intérêts pour le plaisir de détenir leurs morceaux de papier sans valeur ! Il doit s’agir de la plus grande arnaque de Ponzi de l’histoire de la finance.

Lorsque cette méga-bulle implosera, il n’y aura pas que les riches qui seront confrontés à une destruction massive de richesse; beaucoup de personnes perdront leurs emplois, leur filet de sécurité sociale, et leurs retraites. Malheureusement, la conséquence inévitable de tout cela sera des troubles sociaux à l'échelle planétaire.

L’or : la seule monnaie qui survivra

L’or ne sera certainement pas la seule solution aux problèmes à venir. Mais, comme lors des 5 000 dernières années, l’or sera la seule monnaie à survivre à la catastrophe mondiale à venir.

Voici ce que j’ai dit sur l’or en avril 2009, lorsque son prix était de 950 $ l’once :

« Déjà, en 2002, nous avons conseillé aux investisseurs d’investir au moins 50% de leur portefeuille dans l’or, à 300 $ l’once. Depuis, l'or a augmenté entre 220% et 280% par rapport aux devises de référence. Nous avions clairement anticipé quelles seraient les conséquences d’une gestion désastreuse de l’économie mondiale. Mais ce qui se profile est encore plus clair. Nous entrons maintenant dans la phase d’éveil des consciences : il s’agit du moment où le monde, en général, réalise lentement qu’imprimer des quantités illimitées de monnaie rendra de nombreuses devises – et surtout le dollar US – sans valeur. Il est impossible de régler un problème en le faisant grossir… c'est-à-dire que d’imprimer des montants colossaux de dollars, de livres etc, ne fera qu’ajouter de l’huile sur le feu et exacerber cette bulle de crédit et de produits dérivés, déjà insoluble.

Nous avions déjà dit aux investisseurs ce qu’il fallait acheter il y a des années. Maintenant que nous nous approchons du réveil, les investisseurs commencent à reconnaître le besoin de se protéger. L’or est la seule devise, le seul actif qui pourra les protéger contre l'effondrement des devises et des actifs. D’ici deux mois, les investisseurs se réveilleront et l’or dépassera 1 000 $, pour ne jamais revenir en arrière.

Il pourrait s’agir, maintenant, de la dernière opportunité de se procurer de l’or sous les 1 000 $ l’once. Nous nous attendons à ce que l’or grimpe rapidement d’ici quelques mois, pour ne jamais redescendre. Mais il faut se souvenir que, pour protéger son patrimoine, il doit s’agir d’or physique que vous détenez vous-même et que vous stockez de façon sécurisée, hors du système bancaire. »

L’or a repris sa tendance haussière, en route vers de nouveaux sommets

L’or a clôturé à 1 100 $ l’once en décembre 2009, et il a atteint un sommet temporaire de 1 900 $ en septembre 2011. Depuis, nous avons assisté à une très longue correction, qui s’est terminée en décembre 2015, à 1 050 $. Mais l’or, dans la plupart des autres devises, a atteint son plancher en 2013. Dans plusieurs devises, comme le dollar canadien ou le dollar australien, l'or est revenu à ses plus hauts de 2011, et en livres et en euros, il se situe à environ 10% du sommet (taux mensuels de fermeture). Il est maintenant évident que cette correction du cours de l’or, qui s'est déroulée dans un marché manipulé d’or-papier, est terminée. Tout comme j’avais prévu en 2009 que c’était la dernière opportunité d’acheter de l’or sous les 1 000 $, je crois maintenant que l’or reprendra bientôt sa tendance haussière, vers de nouveaux sommets.

Les investisseurs doivent se souvenir que l’on n'achète pas de l’or pour réaliser un gain en capital, mais bien pour préserver sa richesse dans une économie mondiale et un système financier complètement pourris. L’or physique est une assurance, mais aussi une monnaie, surtout lorsque la monnaie papier devient sans valeur, à cause de l’impression monétaire illimitée.

L’or est pour les riches… mais aussi pour les moins riches

Je reçois régulièrement des emails de gens qui ne disposent pas d’assez de capital pour investir dans l’or, et qui se demandent comment se protéger. La protection de patrimoine est relative. Plusieurs personnes pourraient se permettre, disons, 40 $ ou plus par mois pour acheter un gramme d’or (1/30oz). Si vous faites cela chaque mois pendant quelques années, vous vous serez construit un beau petit matelas, étant donné que le prix de l’or aura augmenté avec le temps. Il n’y a aucune d’excuse pour ne pas épargner avec de l’or, même pour les gens moins fortunés.

Les risques dans le système financier et dans l’économie mondiale sont devenus extrêmes, et il est fort probable qu’un ou plusieurs de ces risques se transforment en de sérieux problèmes pour le monde entier.


Source: Matterhorn - GoldSwitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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