Les années sombres : Chômage, dette, hyperinflation, banksters, impression monétaire...

Publié par Egon Von Greyerz | 14 juil. 2011 | Articles

Dans cet article, nous allons parler des futurs effets dévastateurs des bulles de crédit, de l’impression monétaire par les gouvernements et des décisions désastreuses qu’ils prennent. D'ici 2011-2012, le monde fera l’expérience d’événements tumultueux qui changeront la vie de la plupart des gens dans le monde. Mais 2011-2012 ne sera pas le début d’un revirement vers le haut de l’économie mondiale, mais plutôt le début d’une longue période de troubles économiques, politiques et sociaux qui pourrait s’étendre sur deux décennies.

Nous allons discuter des trois situations qui pourraient déterminer le sort du monde dans un avenir proche : L’explosion à venir du chômage, la prochaine phase (et beaucoup plus sérieuse) dans les marchés du crédit et, finalement, l’effet hyperinflationniste ou inflationniste que cela devrait avoir sur l’économie mondiale et les investissements.

LES EMPIRES SONT BÂTIS SUR LE PILLAGE, L’ESCLAVAGE ET, FINALEMENT, L’IMPRESSION MONÉTAIRE

Retournons d’abord en arrière dans l’Histoire et analysons ce qui crée un empire et la prospérité qui l’accompagne.

L’Empire britannique débuta au 17ème siècle et atteignit son sommet au 19ème siècle sous le règne de la Reine Victoria. À la fin du 19ème siècle, l’Empire britannique représentait près de 20% de la surface du globe et 25% de sa population. Donc l’Angleterre, qui ne représente que 0,5% de la surface du globe, contrôlait un empire plus de 50 fois supérieur à sa taille. Alors, avec l’esclavage et le pillage des ressources de 20% du monde, il n'est pas étonnant que l’Angleterre ait été la nation la plus prospère pendant plusieurs siècles. Mais, comme tous les empires, l’Angleterre portait en elle les graines de sa propre destruction. Tous les empires, mongolien, romain, ottoman ou britannique etc, en arrivent à surexploiter leurs ressources militaires et financières. Ajoutez-y la décadence et les idées de grandeur, et tout cela mène éventuellement à l’effondrement de l’empire.

L’Empire américain, quant à lui, est légèrement différent, étant donné qu’il n’a jamais conquis le monde, quoique les États-Unis, au départ, étaient une colonie conquise aux habitants autochtones. Mais les États-Unis sont intervenus dans plusieurs endroits (Corée, Vietnam, Afghanistan, Irak etc). Les États-Unis possèdent également des bases militaires dans plus de 120 pays. Au début, les États-Unis représentaient une super-puissance économique, basée sur l’esprit entrepreneurial et une machine de production assise sur une puissance militaire formidable. Mais, avec la Guerre du Vietnam, les États-Unis ont épuisés leurs ressources et, en 1971, Richard Nixon mit fin au standard-or, afin de pouvoir se mettre sérieusement à imprimer de l’argent. La phase d’impression monétaire est normalement la dernière étape d’un empire avant qu’il ne s’effondre, et c’est à ce point là qu'en sont les États-Unis aujourd'hui. Le dollar US est devenu la monnaie de réserve internationale à une époque où les États-Unis étaient forts économiquement. Mais, à mesure que l’économie faiblissait dans les années 1960-70, ils ont trouvé une bien meilleure méthode pour maintenir une économie forte : ils se sont mis à imprimer de l’argent qu’ils vendaient aux autres pays en échange de biens et services. Pendant près de 50 ans, ce fut la façon la plus intelligente jamais inventée pour maintenir le niveau de vie d’une nation qui se détériore économiquement, sans avoir à dépenser les ressources normalement dévolues à la création d’un empire. C’est un schème de Ponzi qui a fonctionné pendant des décennies, mais aujourd'hui, les pays du monde réalisent qu’ils détiennent du papier sans valeur imprimé par le gouvernement US. (Il s’agit d’une version très simplifiée de la création et de la destruction des empires mais, néanmoins, cette analyse est juste.)

LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN EST DANS LE DÉNI

Les États-Unis souffrent d’hémorragie financière et économique. Ils ont prêté ou engagé près de $13 mille milliards pour soutenir le système financier. Le déficit gouvernemental estimé pour l’année en cours approche les $2 mille milliards, soit 50% du budget. Tout cet argent engagé n’a produit que deux choses : premièrement, cela a créé de l’espoir à court terme lequel, avec des visions illusoires de reprise économique, a généré une petite correction sur le marché (que nous avions prédite dans notre Market Report de janvier) et la croyance que la crise touchait à sa fin.

Deuxièmement, tout cet argent frais pour sauver le système est allé à Wall Street et n’a rien fait du tout pour l’économie réelle. Tous les secteurs de l’économie réelle se détériorent, que ce soit la production, le chômage, les bénéfices des sociétés, l’immobilier, les défauts de crédit, la construction, les déficits fédéraux, des États, les déficits publics, etc.

Et que fait le gouvernement ? La seule chose qu’il sait faire... imprimer encore plus d’argent.

C’est de la folie pure! Comment une personne intelligente peut-elle croire que du papier imprimé puisse nous sauver d’une catastrophe économique?

Si c’était le cas, nous pourrions tous imprimer des morceaux de papier ou se servir de billets de Monopoly pour payer dans les boutiques ou rembourser nos dettes.

Comment les gouvernements des États-Unis, d’Angleterre et de la plupart des autres pays ne peuvent-ils pas comprendre que la seule façon de diriger une économie est de se confectionner un habit selon le tissu que l’on possède? C’est pourquoi l’empereur était nu... parce qu’il n’y avait plus de fil d’or pour confectionner son habit.

Jusqu’à maintenant les États-Unis, comme les autres pays, ont été en mesure d’acheter les habits, seulement parce que le monde a été assez stupide pour accepter des morceaux de papier sans valeur comme paiement. Mais cela s'achèvera très bientôt et plusieurs pays n’auront ni habits, ni tissus.

Les gouvernements détruisent la valeur de l’argent du peuple. Le pouvoir d’achat aux États-Unis et ailleurs a décliné de plus de 95% ces 100 dernières années. Cela peut acheter des votes à court terme mais, à long terme, cela créera de la misère en masse. Et c’est ce que plusieurs pays commencent à expérimenter aujourd'hui. Malheureusement, cela va empirer. Nous n’en sommes qu’à la la première phase de cette tragique histoire. La seconde phase devrait débuter dans les prochains mois.

ÉTATS-UNIS : 100 MILLIONS DE PERSONNES AFFECTÉES PAR LE CHÔMAGE

Le taux de chômage réel aux États-Unis est de 20%, soit 30 millions de personnes. Ces chiffres sont les taux réels, non ajustés, calculés selon la méthode officielle qui prévalait avant que la méthode de calcul soit changée dans les années ’90. Les chiffres officiels du gouvernement, surtout aux États-Unis, sont constamment manipulés pour s’adapter aux objectifs politiques du gouvernement. Il ne faut donc pas se fier aux chiffres officiels.

Avec un taux de chômage de 20% aux États-Unis, on s’approche déjà des niveaux atteints dans les années ’30, lorsque le chômage total atteignait 25%. Le niveau actuel de 20% est celui du chômage non-agricole, et il est encore beaucoup plus bas que celui des années 1930, qui a atteint 35%.

Vu que nous n’en sommes qu’au début de cette crise, nous croyons fermement que le niveaux de chômage non-agricole atteindra au moins 35% d’ici quelques années.

Mais même ce chiffre de 30 millions de personnes sans emploi est une catastrophe. Si on ajoute ceux qui dépendent de ces chômeurs, il y a aujourd'hui plus de 100 million de personnes touchées par le chômage aux États-Unis. Dans les prochains mois, 3 millions de gens n’auront plus accès à leur filet de protection sociale. Il s’agit de ceux qui ont été mis en chômage dans la seconde moitié de 2008. En incluant leurs familles, cela représente environ 10 millions de personnes qui seront dans la misère, sans sécurité sociale et sans épargnes. Si on y ajoute les 4 millions de personnes qui seront dans le même cas dans la première moitié de 2009, on arrive à 13 millions de personnes en plus, en incluant les familles, qui seront en difficulté pour la période de Noël. Il s’agit d’une catastrophe aux conséquences inimaginables qui affectera le tissu-même de la société américaine.

Les conséquences seront sociales, politiques et financières, et les effets sur l’économie américaine seront d’une magnitude substantiellement supérieure à ce qu’elle fut lors de la Grande Dépression des années 1930.

Rappelons-nous qu’aucun des problèmes dans le système financier n’a été réglé; ces problèmes ne font qu’une pause très temporaire. La hausse du chômage combinée avec des réductions de dépenses de consommation mèneront à la prochaine crise bancaire, qui sera beaucoup plus sévère que la précédente.

Le chômage est aussi en hausse en Europe et ne semble pas vouloir diminuer. Plusieurs pays atteignent 10% de chômage avec, par exemple, l’Espagne à 19% et la Lettonie à 16%. Mais, comme nous disons depuis un bout de temps, des grands pays européens, le pays avec les plus gros problèmes est l’Angleterre. Le chômage en Angleterre est « seulement » de 2,5 millions, ou 7%, mais on estime qu’il atteindra 3 millions d’ici fin de 2009. Une combinaison de déficits gouvernementaux, d’un système bancaire extrêmement fragile et trop gros pour le pays, d’un niveau d’endettement personnel très élevé qui ne sera jamais remboursé, et d’une bulle immobilière qui n’en a pas fini d’exploser, font que l’Angleterre est très vulnérable à un choc financier majeur.

Dans les six à neuf mois à venir, le chômage affectera sévèrement la plupart des pays, incluant la Chine, l’Asie et l’Afrique. Jamais auparavant il n'y a eu une crise de chômage global affectant tout le monde en même temps. Cela amènera non seulement à un déclin massif de la consommation et des échanges mondiaux qui engendrera une récession ou une dépression mondiale, mais cela apportera aussi la pauvreté, la famine et les troubles sociaux.

LES BANQUIERS DIRIGENT TOUJOURS LA SCÈNE

Les maîtres du cirque financier sont les banquiers. Non seulement ils ont engrangé les bénéfices découlant de leurs produits toxiques sous forme de bonus et d’actions à hauteur de milliards de dollars lors des 15-20 dernières années, mais ils sont aussi les seuls bénéficiaires des milliards de milliards imprimés par les gouvernements pour sauver le système financier.

Pourquoi les banquiers bénéficient-ils du sauvetage de leurs propres banques? Parce que ce sont eux qui contrôlent le gouvernement, qui conseillent le gouvernement et qui contribuent aux campagnes des politiciens.

Le retour des bonus

Et oui, plusieurs banques paient de meilleurs bonus en 2009 qu’en 2008. Goldman Sachs devrait payer des bonus à hauteur de $20 milliards, soit $700 par employé, et Morgan Stanley augmente de 30% sa moyenne par employé de $262,000, l’an passé, à $340,000 cette année. Les bonus chez JP Morgan, pour le premier trimestre de 2009, ont augmenté de 175% à $3,3 milliards et le nouveau grand patron de RBS, la banque nationalisée par l’Angleterre, va recevoir un bonus de plus de 10 millions de livres! Plusieurs autres banques paient des bonus similaires. Barclays Capital, par exemple, est en mode dépenses massives pour recruter des cadres, en offrant des ponts d'or et des bonus garantis de plusieurs millions de dollars.

Les banques centrales et les gouvernements du monde entier ont dépensé des milliards de milliards de dollars pour sauver temporairement un système financier complètement ruiné et quelques mois plus tard, les banquiers gagnent à nouveau des sommes d’argent délirantes, dans un système bancaire qui n’a pas été réparé et qui est toujours en défaut. C’est proprement scandaleux.

Le retour des structures toxiques

Si ce n’était que ca... mais ils en sont revenus à créer des nouveaux programmes de titrisation afin de réduire les capitaux requis et d’augmenter l’effet de levier. Goldman Sachs et Barclays Capital le font déjà, et plusieurs banques suivront. Il s’agit de ces mêmes programmes qui ont créé la crise au départ, et les banquiers jouent encore au même jeu. Ceci est une attitude grossière et irresponsable, venant de banquiers qui n’ont rien appris d’autre de leurs actions désastreuses qu’à traire le système au maximum.

Comme nous l’avons dit plus haut, aucun des problèmes du système bancaire n’a été résolu. Le système se sert toujours d’un effet de levier de 25 à 50, il est plein de dette toxique et de produits dérivés, les bilans de prêts se détériorent au quotidien, il détient toujours des actifs papier sans valeur mais évalués à des prix fantastiques, et la plupart des banques sont dirigées par les mêmes banquiers qui ont créé les problèmes au départ. Pour une banque typique, une baisse de 4% de la valeur des actifs détruirait les capitaux propres ... c’est ce qu’on appelle une recette pour une catastrophe.

Pendant ce temps, les gouvernements tentent, faiblement, de prévenir une crise future en planifiant de nouvelles réglementations. Mais ces réglementations ne s’appliqueront qu’à des problèmes connus, historiques. Les banquiers pourront toujours contourner les autorités en créant de nouvelles structures pour outrepasser les nouvelles règles.

L’ACCÉLÉRATION DU MOUVEMENT À LA BAISSE VA BIENTÔT COMMENCER

La prochaine phase de cette histoire tragique commencera bientôt. Si on compare avec les années 1930, nous sommes déjà en plus mauvaise position qu’à la même étape de la Grande Dépresssion. La production industrielle est pire dans plusieurs pays. Le commerce mondial est pire, et la chute de la Bourse est plus prononcée qu’à la période correspondante de la Dépression, et la dette, privée et gouvernementale, est bien pire.

Alors, que va-t-il se passer maintenant?

- Le chômage fera augmenter les déficits gouvernementaux

Premièrement, le chômage augmentera sensiblement, comme nous l’avons dit plus haut, et le chômage de masse aura des répercussions majeures sur l’économie. Cela fera grossir les déficits gouvernementaux de façon substantielle. Les revenus d’impôts sont déjà en baisse de façon alarmante aux États-Unis et en Angleterre et ailleurs, mais cela va empirer. Les dépenses gouvernementales augmenteront rapidement à cause du chômage massif. Les impôts augmenteront, mais i n’y aura pas beaucoup de revenu à imposer. Et si les taxes sur valeur ajoutée (TVA) ou les taxes de vente sont augmentées, cela nuira encore plus à la consommation. De plus, les gouvernements auront à réaliser plus de programmes d’aide pour les pauvres et les sans-abri. Cela mènera à d'avantage d’impression monétaire.

- La prochaine crise bancaire

Deuxièmement, la prochaine crise dans le système financier débutera à l’automne 2009 au plus tard. Vu que cela sera perçu comme un choc par tous, l’effet sera bien pire qu’en 2008. Jusqu'à présent, les banques américaines ont subit des pertes de $1,1 mille milliards. Selon des estimations prudentes, les pertes totales seraient de $2,2 mille milliards, mais des estimations plus réalistes annoncent $4 mille milliards, et cela exclut tout problème pouvant survenir du marché des produits dérivés. Dans le prochain tour de collecte de capitaux pour les banques il n'y aura qu'un seul investisseur - le gouvernement. Donc, il y aura plus d’impression monétaire.

- Les gouvernements s’effondreront, d’abord aux États-Unis et en Angleterre

Avec l’escalade de l’impression monétaire, les marchés seront inondés de titres de créance émis par le gouvernement dont personne ne voudra, laissant le gouvernement comme seul acheteur de sa pacotille. Les deux pays qui ont les pires problèmes sont l’Angleterre et les États-Unis, et leur situation précaire émergera en premier. Dans les mois à venir, les agences de notation vont sans doute décoter la dette des deux pays. Cela mènera à un effondrement de la valeur des bons du Trésor et à une montée rapide des taux d’intérêts au-dessus de 10%. Ces taux élevés feront en sorte que les coûts de financement de la dette augmenteront exponentiellement, ce qui amènera encore plus d’impression d’argent et des taux d’intérêts plus élevés. Ceci est le cercle vicieux « parfait » qui se terminera en dépression hyperinflationniste.

- L’hyperinflation est alimentée par les monnaies

Cela fait plusieurs années que nous disons que cette crise mènera à l’hyperinflation. L’émission illimitée de titres de créance émis par le gouvernement amènera le reste du monde à vendre les bons du Trésor américain ou anglais, aussi bien que leurs dollars et leurs livres sterling. La plupart des soi-disant experts de la finance ont prédit une récession/dépression déflationniste, vu qu’ils ne voient pas la hausse de la demande, qu’ils pensent être la cause de l’hyperinflation. Nous faisons partie des rares (avec le très sage Jim Sinclair) individus à comprendre que l’inflation est un événement relié aux monnaies. L’émission illimitée de papier, mentionnée plus haut, mènera à l’effondrement du dollar et de la livre sterling. C’est l’effondrement de la monnaie qui mène à l’hyperinflation. Toujours, dans l’Histoire, chaque événement hyperinflationniste a été causé par l’effondrement de la monnaie, et non par une demande exacerbée.

Plusieurs pays, tels les États baltiques, certains pays de l’Europe de l’Est et de l’Asie, feront face à de l’hyperinflation. Encore plus de pays auront une forte inflation.

LES ANNÉES SOMBRES

Dans les mois à venir, nous assisterons au début des années sombres. Pour la première fois de l’Histoire, il y aura une baisse synchronisée qui affectera toutes les nations (quoique certaines beaucoup plus que d’autres). Ceci sera le résultat d'un monde, et plus spécifiquement le monde occidental, ayant vécu au-dessus de ses moyens pendant des décennies dans une manie de bulles de crédit, d’actifs, d’immobilier, menant à la décadence et à une société ayant fort peu de valeurs morales et éthiques. (Évidemment, aucune société ne reconnaît cela avant d'etre touché, mais seulement après). Les gouvernements ont alimenté ce processus en imprimant des quantités illimitées d’argent papier, détruisant ainsi la monnaie et le pouvoir d’achat de la plupart des pays.

Ces années sombres seront extrêmement graves pour la plupart des pays, financièrement et socialement. Dans plusieurs pays du monde occidental, il y aura une sévère dépression qui marquera la fin de l’État-providence. La plupart des plans de pension privés et gouvernamentaux devraient s’effondrer. Ce sera une dépression mondiale mais quelques pays pourront s’en tirer avec une récession profonde. Il y aura de la famine, des gens sans abri et de la misère qui entraineront des troubles sociaux et politiques. Cela pourrait mener à des types de leaders gouvernementaux ou de régimes différents.

Combien de temps dureront les années sombres? Il y a un livre intitulé The Fourth Turning, écrit par Neil Howe. Il a identifié une figure qui se répète à chaque 80 ans. Cette figure a été très précise dans le monde anglophile. Nous sommes à l’aube du Fourth Turning, qui représente les vingt dernières années du cycle. Selon Howe, nous sommes à l’aube d’une période de vingt ans de chambardements économiques et institutionnels. Une période de crise où le tissu-même de la société changera de façon dramatique. Les Fourth Turnings précédents furent la Révolution américaine, la Grande Dépression et la Deuxième Guerre mondiale. Selon Howe, cette crise sera substantiellement plus grave, et elle durera environ une vingtaine d’années.

Toutes ces choses ne représentent pas de bien bonnes nouvelles, et nous espérons que nous, ainsi que Howe, nous trompons au sujet de la sévérité et de la durée de cette crise. Mais je crains que nous ayons raison tous les deux. Nous devons encore une fois souligner que, jamais auparavant, le monde entier ne s’est retrouvé dans une spirale baissière simultanée et dans un état aussi fragile, financièrement et économiquement; c’est pourquoi ces années sombres devraient être si dévastatrices et durer aussi longtemps.

LES MARCHÉS FINANCIERS

La Bourse

La correction de la bourse est probablement terminée, mais il subsiste une possibilité qu’elle continue quelques mois. Il est important de souligner qu’il s’agit d’une correction (nous l’avions prédit en janvier), et elle mènera bientôt à un retour de la tendance baissière. Sur le Dow Jones, si le plancher de 6400 cède, cela pourrait mener à un déclin, de 90% par rapport à son sommet. Presque tous les marchés majeurs se dirigent vers des déclins similaires. Cela peut sembler incroyable; mais souvenez-vous que le Dow Jones a perdu 90% dans les années 1930, et gardez en tête notre discussion du paragraphe d’en haut... cette cible n’est pas impossible.

Les plus gros bénéficiaires de la crise seront certaines actions de matières premières, ainsi que les actions des minières d’or et d’argent.

Les bons du trésor

Nous avons prédit au début de l’année que les taux américains sur les bons à long terme augmenteraient, et ils ont presque doublé depuis. Mais ce n’est que le commencement, comme nous nous attendons à ce que ces taux américains et anglais atteignent au moins les 10-15% dans les deux ou trois ans à venir. Les taux d’intérêts augmenteront dans tous les pays de façon importante dans les années à venir.

Les monnaies

Le dollar et la livre sterling baisseront à l’automne 2009. Un peu plus tard, l’euro faiblira aussi, vu que certains pays se retireront de la Zone Euro.

L’or

L'or sera la monnaie qui bénéficiera le plus de la crise. Nous conseillons d'investir dans l’or depuis 2002, quand nous avons vu la crise arriver. L’or a triplé depuis. Mais ce n’est que le commencement. Le prochain mouvement à la hausse surviendra dans les 4-5 prochains mois, et il sera majeur.

L’or, dans le but de préserver son patrimoine, devrait être détenu directement par l’investisseur et stocké en-dehors du système bancaire, en son nom. Détenir de l’or sous forme de ETF, de futures, ou détenir des parts de lingots d’or auxquelles vous n’avez pas accès ne constituent pas un bon moyen de préserver sa richesse.

"Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom économique dû à l’expansion de crédit. La seule alternative consiste à faire en sorte que la crise arrive plus vite, suite à un abandon volontaire de l’expansion de crédit, ou plus tard, impliquant ainsi une destruction finale et totale du système monétaire en question." Ludwig von Mises


Source originale: Goldswitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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