Les banquiers centraux font jalouser Ponzi et Madoff

Publié par Egon Von Greyerz | 18 mai 2016 | Articles

Give me your money

 

Charles Ponzi doit se retourner dans sa tombe ! Son arnaque pyramidale de 1920 garantissait des rendements de 50% en 50 jours, et 100% en 100 jours. Les premiers investisseurs ont clairement obtenu ces rendements, mais la plupart d’entre eux étaient trop cupides pour immédiatement encaisser l’argent. Son arnaque ne coûta « que » 20 millions $ (ou 225 millions $ d'aujourd’hui) aux investisseurs. En comparaison, Madoff coûta à ses investisseurs 18 milliards $. Au moins Ponzi devint célèbre pour son exploit… pour le moment, Madoff n’a pas atteint une telle notoriété.

Mais les deux, Ponzi et Madoff, étaient de petits bandits comparé aux gouvernements et banques centrales d'aujourd'hui. Qu’il s’agisse du Japon, de la Chine, de l’Union européenne ou des États-Unis, ils ont tous créé des systèmes de Ponzi qui sont exponentiellement plus grands que ce que fit Ponzi lui-même. Bien sûr, aucun gouvernement ne promet des rendements de 50%, comme le faisait Ponzi, ou les 10-12% de Madoff. En lieu et place, ils donnent à ceux qui investissent dans leurs obligations « de Ponzi » l’illusion qu’ils récupéreront leur capital. Pour paraphraser Mark Twain, les investisseurs n’auront ni le rendement SUR leur argent, ni le retour DE leur argent, au moins pas en termes réels.

Un pays ne peut survivre avec des salons de manucure, la livraison de pizza et Facebook

Comment un pays important pourrait payer sa dette ? Prenez les États-Unis… Ils ont augmenté leur dette chaque année depuis 1960. À cette époque, elle n’était que de 280 milliards $ alors qu'elle est aujourd’hui de 19 000 milliards $. Ceux qui croient que leur investissement dans les bons du Trésor américain sera remboursé en véritable monnaie vont devoir redescendre sur Terre. Voilà 19 000 milliards $ qui vont se volatiliser. Les États-Unis étaient un grand pays industriel. Au milieu des années 1940, les salaires industriels réprésentaient 40% du PIB. Aujourd’hui, ils représentent moins de 10%. Une économie majeure ne peut survivre avec des salons de beauté, les livraisons de pizza ou Facebook, surtout que les salaires moyens réels pour la majorité des travailleurs américains n’ont pas augmenté depuis le début des années 1970. Pire que cela, la croissance EBITDA a ralenti depuis 2010, et elle est maintenant négative.

 

Le salire moyen en baisse depuis les années 70

 

La Chine, le Japon ou l’Union européenne… qui tombera en premier ?

Qu’en est-il de la Chine ? Leur dette totale a été multipliée par 16 depuis le début de ce siècle, et elle augmente encore rapidement. Mais la croissance de leur PIB décline depuis 2008. Après une incroyable croissance annuelle de 25% en 2008, la Chine a maintenant une supposée croissance annuelle de 5%. Même ce chiffre est difficile à croire, si l’on regarde le ralentissement dans le commerce, le transport, le trafic maritime etc. Ce sont les investissements dans les marchés émergents qui ont alimenté la croissance mondiale, et quand ceux-ci cesseront, la croissance fera de même.

Qu’en est-il du Japon, la troisième économie mondiale ? Ils sont en difficulté depuis 1990, mais ils survivent grâce à l’épargne historiquement élevée et parce que le reste de la planète achète leurs produits. Le seul dilemme est que cela s’est réalisé au coût d’une expansion massive de la dette et de taux d’intérêt à zéro. En 1990, le ratio dette du gouvernement japonais versus PIB était de 70%. Aujourd’hui, il est à un gigantesque 250%, le ratio le plus élevé des pays industrialisés. Le bilan de la Banque du Japon en 1990 était à 10%. Aujourd’hui, il se situe au-delà de 80% et dépassera bientôt 100%. En comparaison, le bilan de la Fed est de "seulement" 25% du PIB des États-Unis. L’économie japonaise ne survivra certainement pas au système de Ponzi que le pays a créée.

Je pourrais continuer encore… L’Union européenne, le super État, est un échec total qui engloutira les pays membres. Nous savons que la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal sont en faillite et que la France le sera bientôt. Mais l’Allemagne est aussi empêtrée dans ce désastre et son système bancaire ne survivra pas à son exposition à l’Europe. L’effet de levier massif des banques allemandes et des positions sur les produits dérivés garantit pratiquement que l’Allemagne tombera avec le reste de l’Europe. Les compagnies d'assurance allemandes sont en difficulté, comme partout dans le monde. Les régulateurs leur ont demandé d’augmenter leur capital, dans une période où les profits déclinent. Comme je l’ai dit très souvent, les compagnies d’assurance, ainsi que les fonds de retraite, ne survivront pas au déclin mondial qui se profile. Les conséquences sont évidentes, car toutes sortes de couvertures d’assurance disparaîtront, avec les pensions. Très peu de gens sont au courant de ces risques, et les répercussions seront terribles.

 

Marché du crédit

 

La sagesse conventionnelle n’est que… conventionnelle

Nous savons que nous nageons dans le plus grand système de Ponzi de l’histoire. Charles Ponzi en aurait pâli de jalousie. Nous savons aussi que presque personne ne voit que l’empereur est nu. Et les quelques-uns qui peuvent le voir ne disent rien à personne, pour mieux en profiter. J’ai eu récemment une discussion avec un grand banquier retraité de Londres. Pour lui, il était clair que les actifs dans les économies majeures sont plus importants que les dettes, et que ces pays n’éprouvent pas de problèmes à payer l’intérêt sur leur dette. Donc, pour lui, il n’y a aucun problème à continuer comme cela. Le fait que la dette augmente exponentiellement et que les taux d’intérêt soient à zéro, voire négatifs, et que les devises se dévaluent rapidement, ne l’inquiétait pas. On dirait que cela n’inquiète personne. Il semble y avoir plus de 7 milliards de Paul Krugman dans le monde. Malheureusement, la sagesse conventionnelle n’est que conventionnelle… elle n’est pas sage du tout.

Il existe de nombreux exemples de mauvaise gestion de l’économie mondiale et de bulles énormes dans le système financier. Mais, malheureusement, seulement une petite fraction d’un pourcent de la population mondiale réalise la catastrophe à laquelle le monde est confronté.

L’or : l’assurance la moins chère et la plus efficace

Bien sûr, il est impossible de savoir quand ces risques deviendront réalité. J’admets que cela prend plus de temps que je ne le pensais. Mais quand les risques sont si importants, il est crucial de se protéger. Nous savons tous qu'il est impossible de prendre une assurance incendie après le feu. Ceci nous ramène à la préservation de la richesse. Ce n’est pas une coïncidence si quelques-uns des investisseurs ayant le mieux réussi au monde recommandent l’or physique en tant qu’assurance contre les risques dont je viens de parler. Ray Dalio, qui a fondé un hedge fund extrêmement fructueux, a récemment déclaré : « Si vous ne possédez pas d'or, soit vous ne connaissez rien à l'histoire, soit vous ne connaissez rien à l'économie ».

Et Stan Druckenmiller, un gestionnaire de hedge fund qui a eu des rendements moyens de 30% sur 25 ans, vient tout juste de conseiller aux investisseurs de vendre leurs actions pour acheter de l’or.

Il semble clair que l’or a terminé sa correction, à 1 046 $, en décembre 2015. Nous approchons les 1 300 $ en ce moment, et nous atteindrons probablement le niveau de 1 400 $ très bientôt. Mais les mouvements à court terme ne signifient absolument rien. L’or à 1 300 $ constitue une véritable aubaine. C’est l’assurance la plus efficace, en termes de prix, que l’on puisse se procurer contre une économie mondiale et un système financier en faillite. La beauté de l’or en tant qu’assurance est que la « prime » que vous payez pour l’assurance, c’est-à-dire le prix de l’or, risque probablement d’augmenter substantiellement dans les années à venir. Existe t-il une assurance plus parfaite que l’or physique pour se protéger contre les risques globaux ? J’en doute !


Source: GoldSwitzerland


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Egon Von Greyerz  Membre du conseil d'administration de Goldbroker.com - Fondateur MAM

   

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